Après deux épisodes sortis sur PS1 et sept sur PS2, Pro Evolution Soccer arrive enfin sur PlayStation 3 pour le plus grand bonheur des fans de la série dont certains l’ont découverte voilà déjà plus de sept ans. Mais alors que le précédent passage d’une génération de console à une autre avait apporté son lot d’améliorations, il semblerait que celui qui nous intéresse aujourd’hui se soit fait dans la douleur. Voyons cela plus en détail. Un contenu un peu chicheLa première surprise qui guette les joueurs PS3 réside dans l’apparence du menu principal du jeu qui, il est vrai, avait peu évolué au fil des différentes itérations sur PS2. Loin de chercher à imiter FIFA 08 et son menu interactif permettant de jouer au ballon avant même le début du match, PES 2008 s’éloigne toutefois de la classique page un peu statique sur laquelle les différentes options sont toutes affichées. On a donc droit à un menu stylisé et un peu plus animé qu’auparavant mais dont le design global laisse tout de même à désirer. Peu importe direz-vous, le point important restant les modes de jeu mis à disposition cette année par Konami. Malheureusement le tour d’horizon dans ce domaine est rapide et les nouveautés peu nombreuses…

On commence par le mode Exhibition grâce auquel on peut rapidement se lancer dans un match en spécifiant simplement les équipes en lice ainsi que le stade. Une première rencontre disputée via cette option permet immédiatement de se rendre compte des lacunes accumulées par la série en terme de licences : ici, vous pourrez certes profiter des effectifs réels des championnats français, espagnol, italien et hollandais mais devrez vous contenter de seulement deux équipes sous licence pour le championnat anglais (Tottenham Hotspur et Newcastle United) et n’aurez accès qu’au Bayern de Munich en ce qui concerne le championnat allemand ! Bien sûr, Konami a obtenu quelques licences supplémentaires cette année mais ces dernières concernent des clubs moins prestigieux et ne peuvent en aucun cas compenser la disparition d’équipes comme Arsenal ou Chelsea… Du côté des sélections nationales en revanche, on compte pas moins de 57 formations ce qui devrait satisfaire la majorité des joueurs. Pour ceux qui s’inquièteraient de savoir si les effectifs des différentes équipes disponibles sont à jour, il convient de préciser que tous les transferts de l’intersaison n’ont semble-t-il pas été saisis, ce qui vous obligera une fois de plus à mettre les mains dans le cambouis via le mode Modifier si vous ne supportez pas la moindre erreur à ce niveau.
A ce sujet, précisons que vous pourrez via les options de ce mode apporter des modifications aux joueurs, équipes, stades et compétitions du jeu. En ce qui concerne les joueurs, l’éditeur vous permettra d’altérer le nom, les caractéristiques principales (âge, pied fort, fréquence de blessure, progression), la position sur le terrain, les capacités (29 paramètres en tout), les capacités spéciales (23 différentes), ainsi que l’apparence physique. Cette dernière est divisée en quatre catégories : tête, physique, accessoires, mouvement. Si le visage peut être finement modélisé grâce à de nombreux paramètres, vous aurez aussi la possibilité d’utiliser le PlayStation Eye pour prendre une photo de vous ou de vos amis afin de vous inclure dans le jeu. Il faut cependant avouer que le résultat n’est pas des plus satisfaisants mais le système utilisé est sans doute trop simple pour espérer obtenir mieux : vous ne devez en effet ici prendre qu’une seule photo de face alors que d’autres jeux PS2 comme Formula One 2006 demandaient au moins déjà deux photos (face et profil) pour un résultat mitigé. En outre, même si vous parvenez à obtenir un avatar plus ou moins ressemblant, vous devrez ensuite choisir sa coupe de cheveux parmi les quelques choix, trop restreints, qui vous sont proposés. Une option qui reste donc intéressante sur le papier mais qui devra être revue pour devenir vraiment utile. Du côté des équipes, vous pouvez évidemment modifier la formation et choisir le stade utilisé à domicile mais avez aussi la possibilité de modifier les maillots. Petite déception en revanche, aucun éditeur similaire à celui de la PS2 n’est disponible pour les logos, et vous devrez donc vous contenter du système de scan via le PS Eye similaire à celui proposé pour les visages. On termine avec les stades et les compétitions dont vous pouvez modifier le nom.
Mais revenons-en aux autres options du menu principal avec le grand retour du mode Ligue des Masters qui vous permet de prendre en main l’équipe de votre choix. Peu de changements sont à signaler de ce côté si ce n’est le passage à vingt équipes par division et la présence plus importante des à-côtés du foot avec des conférences de presse des joueurs présentées sous forme de cut-scenes. Avant chaque match, vous aurez aussi la possibilité d’étudier la formation adverse grâce à un diagramme présentant son effectif et indiquant les joueurs à surveiller.

Bien entendu, les habituels modes Ligue et Coupe
sont aussi présents et vous permettent respectivement de
participer à six championnats (anglais, français,
espagnol, italien, hollandais, international) et cinq coupes
(Konami, Internationale, d’Europe, d’Afrique,
d’Amérique, d’Asie-Océanie). Le mode
Réseau vous permet quant à lui de disputer
des matchs en un contre un à travers la toile, alors que le
mode Entraînement reste utile pour perfectionner
votre jeu. On regrette en revanche que les exercices des opus PS2
aient disparu sur PS3 et que l’on doive ici se contenter
d’un entraînement basique sur le terrain ou bien pour
les coups de pieds arrêtés. On se demande aussi
pourquoi aucun entraînement aux penaltys n’est
disponible !
Le mode Galerie renferme quatre options grâce
auxquelles vous pourrez modifier les musiques des menus (il
n’est toutefois pas possible de jouer les morceaux
enregistrés sur le disque dur de votre PS3), voir vos
résultats qui englobent aussi bien vos statistiques que vos
différents exploits (remporter une ligue, avoir une moyenne
de 2 buts par match sur les 5 derniers matchs, disputer 100
matchs…), regarder les ralentis enregistrés et
visionner le générique du jeu. A noter que le
système des PES (la monnaie des opus PS2) a disparu,
entraînant évidemment l’absence du Magasin PES.
A la place, vous débloquerez de nouveaux joueurs en
remportant les différentes compétitions du jeu.
Terminons avec le menu Réglages Systèmes via
lequel vous ajusterez le paramétrage de votre manette,
l’affichage durant les matchs, la mise en scène de ces
derniers, et tout un tas d’autres options diverses et
variées. Vous aurez aussi la possibilité
d’installer des données de jeu sur le disque dur de
votre console pour des temps de chargement plus rapides, ce qui
occupera toutefois pas moins de 1.9Go.
Comme vous pouvez le voir, le contenu de PES 2008 sur PS3 en terme
de modes de jeu et de licences n’atteint pas la richesse de
FIFA 08 et est même en deçà de ce que le titre
propose dans sa version PS2. Les modes Tour du Monde,
Communauté et Match de Sélection
sont en effets absents de la version next-gen, une omission que
l’on espère voir réparée l’an
prochain…
Des matchs rapides mais
convaincantsMais les amateurs de PES le savent,
leur jeu fétiche a toujours été en retrait par
rapport à son concurrent en terme de contenu. Même
s’il serait bon que Konami se décide enfin à
corriger des tares qui traînent depuis trop longtemps
maintenant, le gameplay du jeu a jusqu’ici été
son véritable point fort et a permis à la
série de s’imposer en tant que numéro un des
jeux de foot. Seulement voilà, FIFA 08 a profité du passage
à la next-gen pour réorienter sa jouabilité et
propose désormais des matchs bien plus réalistes au
charme desquels beaucoup ont déjà succombé.
Qu’en est-il de PES 2008 ?

La première chose qui frappe l’habitué de PES
sur PS2 lorsqu’il entame son premier match sur PS3,
c’est la vitesse de jeu : bien qu’il soit
difficile de certifier qu’elle est plus rapide que tel ou tel
volet précédent, il est indéniable que les
joueurs courent vite, et peut-être même un peu trop. Du
coup, il est extrêmement tentant de prendre la balle avec son
joueur le plus rapide et de traverser le terrain en passant par les
ailes ou en piquant plein centre en espérant prendre les
défenseurs adverses de vitesse. Il faut bien l’avouer,
cette technique peut marcher… de temps à autres !
S’il est vrai que, selon le niveau de difficulté (il y
en a 5 en tout) et les équipes choisies, de telles
chevauchées sont possibles, vos adversaires continuent
d’observer votre manœuvre et se regroupent bien souvent
efficacement en défense pour couvrir vos partenaires sur
lesquels vous pourriez centrer, et viennent parfois tenter
d’empêcher votre avancée. Plus amusant, le jeu
semble repérer vos attaques de prédilection et tente
de s’organiser afin de bloquer les couloirs que vous utilisez
le plus : bien qu’il soit difficile d’en
être certain, il semble que ce comportement découle du
système TeamVision inclus par Konami, sensé
adapter les réactions de vos partenaires comme de vos
adversaires à vos propres mouvements. Il est
d’ailleurs probable que cette nouvelle intelligence
artificielle soit aussi à l’origine des nombreux
crochets réalisés par votre vis-à-vis
après que vous lui ayez repris deux ou trois fois le ballon
en piquant directement sur lui avec la touche R1 (sprint)
enfoncée : ayant assimilé votre technique, il
cherche à la contrer !
Au cours de nos nombreux matchs disputés d’abord sur
la version review du jeu puis sur sa version finale, nous
n’avons pas perçu de faille évidente dans
l’intelligence artificielle mise en place. Certes, quelques
buts marqués contre notre camp par un défenseur
bloquant un renvoi de notre gardien nous ont fait pesté,
mais ces situations sont restées rares au vu du nombre de
matchs. De même, la gestion des contacts entre joueurs qui
occasionnait dans les deux précédents opus trop de
contres pour l’un et de double contres pour l’autre
nous a paru ici plus équilibrée. On note aussi
quelques comportements amusants des adversaires qui
n’hésitent pas à figer la balle
lorsqu’ils ont l’avantage à quelques minutes de
la fin du match : il vous appartient alors vraiment
d’aller chercher la victoire !

Au niveau des contrôles, on retrouve tout ce qui a fait le
charme de la série jusqu’à présent, et
l’inclusion de la simulation de faute ou de quelques gestes
techniques supplémentaires se révèle
finalement assez anecdotique. Pour ceux qui
s’inquiétaient de voir trop de joueurs plonger dans la
surface afin d’obtenir un penalty, sachez que tous nos essais
dans ce domaine se sont soldés par un carton jaune :
s’il ne fait aucun doute que certains matchs seront
gagnés suite à ce genre de manœuvre, ils
devraient toutefois rester peu nombreux.Cruel dilemmeA ce stade, certains
d’entre vous se demandent peut-être qui de FIFA 08 ou de PES 2008 offre le
meilleur gameplay. Bien qu’il soit extrêmement
difficile de donner une réponse nette et précise il
est évident que, grâce à ses contrôles
connus depuis des années, PES 2008 est plus accessible que
son concurrent. Il serait toutefois faux de prendre le titre de
Konami pour un jeu d’arcade et celui d’Electronic
Arts pour une simulation : malgré son manque
d’innovations et le rythme soutenu des matchs, la
jouabilité de PES reste toujours aussi pointue et offre de
belles sensations. De son côté, FIFA 08 offre un
système de contrôle extrêmement riche mais
nécessitant de longues heures de jeu pour être
maîtrisé. De plus, son rythme lent peut parfois
paraître poussif même s’il permet de planifier
ses actions avec précision. Au final, nous avons cette
année deux très bons représentants du genre et
nous ne pouvons que conseiller à ceux qui hésitent
d’essayer chaque jeu chez un ami ou en magasin pour avoir une
idée plus précise des points forts et des points
faibles de chacun.

Dès la première rencontre disputée sur PES 2008, les faiblesses techniques du titre sont visibles : les joueurs entrent sur le terrain à grand renfort de ralentissements, les stades sont relativement ternes, et le public pourtant plus convaincant que sur PS2 apparaît extrêmement pixellisé selon l’angle de vue. Rassurez-vous, tout n’est pas mauvais pour autant et les joueurs par exemple sont pour la plupart reconnaissables au premier coup d’œil durant les gros plans. Leurs animations sont par ailleurs réussies dans l’ensemble, à l’exception notable du dribble sprinté dont la vitesse donne une impression curieuse qui nuit au réalisme de l’ensemble. En outre, si la caméra par défaut permet de vivre des matchs exempts de ralentissements, certains autres angles s’accompagnent automatiquement d’une animation plus chaotique, rendant leur utilisation franchement pénible après quelques minutes. Un défaut qui survient aussi durant les ralentis et plus généralement dès que le stade et plusieurs joueurs sont affichés simultanément.
Au rayon des petits points positifs par rapport à FIFA 08, on note la présence sur le terrain de l’arbitre et des juges de ligne, ainsi que du banc sur lequel sont présents l’entraîneur et les remplaçant. Vous en aurez d’ailleurs une vue plus précise via la vignette apparaissant dans le menu pause.
Autre défaut, cette fois récurrent dans la série, les commentaires assurés par Christian Jeanpierre et Laurent Paganelli ont bien du mal à suivre correctement l’action, et les phrases prononcées par les deux compères sont trop souvent réutilisées pour ne pas rapidement irriter. Pour un peu plus de variété, sachez que vous pourrez opter pour des commentaires en langue étrangère (anglais, allemand, italien, espagnol). Terminons avec les musiques du jeu, au nombre de 59, et parmi lesquelles vous devriez trouver de quoi agrémenter votre navigation dans les menus tant les genres proposés sont variés.

• La jouabilité PES
• Une intelligence artificielle convaincante
• Enfin un mode 16/9
• Une réalisation qui manque
de saveur
• Un contenu restreint
• Le rythme des matchs un peu trop rapide
Si l'on peut légitimement se réjouir de l'arrivée de Pro Evolution Soccer sur PlayStation 3, le fait est que cet opus 2008 a un peu de mal à séduire durant les premières minutes principalement à cause d'un habillage qui n'a pas encore complètement franchi le pallier " next-gen ". Toutefois, les habitués de la série prendront rapidement leurs marques et retrouveront alors le gameplay extrêmement riche qui a fait jusqu'ici le succès de la série. On espère maintenant que Seabass et son équipe parviendront à mieux exploiter la machine dans les mois qui viennent afin de nous offrir un PES 2009 aussi complet et réussi techniquement qu'agréable à jouer.









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