Très attendu
par les fans de la série, ce premier opus
véritablement next-gen est enfin entre nos mains ! Soumis
plus que jamais à la pression de Fifa, Konami devait mettre
les bouchées doubles afin de rester le roi. Alors, grosse
claque ou grosse déception ? Un peu des deux en fait, et
c'est ce que nous allons développer dans les lignes qui
suivent...
D'abord roi du ballon rond sur
console, Fifa s'est fait doubler
par PES (anciennement ISS) au moment du passage de la PS1 à
la PS2. En effet, la série d'EA avait tellement viré
vers l'arcade que l'on croyait Fifa mort et enterré depuis
un moment déjà, ne pouvant que constater la
suprématie de Konami et son arme fatale PES,
complètement orienté simulation et très pointu
pour l'époque. PES assis sur son trône, rien ne
semblait pouvoir l'arrêter, et ce n‘est pas son titre
de « produit culturel de l'année » qui pouvait
faire penser le contraire … Seulement, le triomphe semble
être monté à la tête de Konami qui,
d'année en année, n'a fait évoluer la
série que de très peu, apportant, grosso modo, que
quelques nouveaux gestes et détails supplémentaires
chaque année. Ainsi, à chaque nouvelle
édition, on voyait le combat se resserrer de plus en plus,
et ce qui devait arriver arriva : pour beaucoup, Fifa est
aujourd'hui repassé devant PES ! En effet, bizarrement, PES
tend d'année en année vers l'arcade, probablement
pour toucher le plus grand public possible, ce qui, bien sûr,
a de quoi faire grincer les dents des fans de la première
heure. Où est passé ce jeu qui respirait le pur
football, ce jeu qui aura marqué plus d'un gamer, ce jeu qui
laissait de côté le football champagne,
privilégiant le beau jeu, ce jeu qui s'imposait tout
simplement comme le digne successeur d'ISS ?!
. Enfin un jeu de foot next-gen !
Malgré ce que l'on a pu entendre avant la sortie du jeu,
PES 08 sur PS3 respire la next-gen ! D'accord,
Konami aurait pu faire mieux, mais force est de constater que la
série a quand même fait un bond en avant, même
si on est loin de la révolution tant
espérée… Tout d'abord, la première
chose qui saute aux yeux, et qui fait bien éviter toutes
confusions entre la version PS2 et la version PS3, c'est
l'animation, tout simplement magique ! Le jeu est très
fouillé et les animations sont criantes de
vérité, que ce soit les superbes sorties du gardien
sur les ballons aériens ou les dribbles à tomber par
terre, Konami a mis le paquet à ce niveau là ! En
plus d'user et d'abuser des transversales, crochets, et
râteaux qui font très mal, les joueurs
n'hésiteront plus à se jeter sur le ballon,
même en plein rond central, pour pousser du bout du pied un
ballon qui semblait pourtant perdu d'avance. Les simulations de
chutes, une des nouveautés de ce cru 2008, sont elles aussi
criantes de vérité et tellement variées que
l'on ne risque pas de voir deux fois la même chute ! Enfin,
les coup-francs frappés rapidement, les retournés
acrobatiques, ou encore les nouveaux dribbles viennent
accroître le réalisme du rendu final, sans compter les
petits détails qui font la différence, comme par
exemple les joueurs qui remontent leurs chaussettes, remettent
leurs protège-tibias en place, etc.
Quant aux graphismes à proprement parler, ils sont assez
décevants, car trop inégaux, entre les visages
photo-réalistes des grands joueurs et les autres totalement
bâclés, on ne sait plus trop quoi en penser… Le
public, quant à lui, reste horriblement laid, et manque
toujours autant de fantaisie. Au rayon nouveautés, ajoutons
aussi que
quelques nouveaux gestes techniques ont
été intégrés, que l'on a enfin
droit à
une vraie pelouse, que
le
banc est enfin rempli (une caméra retransmet
d'ailleurs son ambiance en live via une petite fenêtre qui
s'ouvre avec le menu pause), et que les animations de l'arbitre et
de ses assistants ont été retravaillées. De
plus, lors d'un penalty, la caméra bascule dans un angle
sensé être plus réaliste, mais réduit en
fait considérablement la vue du tireur et du gardien. Enfin,
la possibilité de faire monter trois joueurs maximum choisis
au préalable est un plus non négligeable, tout comme
la possibilité de composer son mur sur un coup franc
adverse.
. Le foot, le vrai !
Passons maintenant au gros morceau, à ce qui a fait la
réputation de PES, ce qui se passe dans le rectangle vert,
autrement dit : le gameplay ! Et autant le dire tout de suite,
ce PES privilégie nettement l'offensive et va donc
(bizarrement) chasser sur les terres des anciens Fifa. Un choix qui
s'avèrera peut-être payant au niveau des ventes mais
qui laissera plus d'un fan sur le carreau… Notons
qu'à chaque épisode, le ballon prend un peu plus
d'indépendance et paraît aujourd'hui presque
insaisissable lors des premières parties, pouvant rebondir
sur n'importe quelle partie du corps des joueurs. Mais ce petit
détail n'est rien, finalement, à côté de
cette incompréhensible tendance arcade, qui fait que les
attaquants ont bien souvent les contres en leur faveur, passent
plusieurs joueurs sans trop de difficulté, et profitent des
erreurs de placement bien trop fréquentes des
défenseurs. En effet, il n'est pas rare de voir un gouffre
entre deux défenseurs qui sont complètement
largués si une passe en profondeur est effectuée dans
le trou ou si un attaquant part dans leur dos. Les frappes sont
à peu près toujours cadrées, peu importe la
position du joueur au moment de la frappe, les coups francs
redoutables, les crochets sur le gardien assassins, et les centres
bien trop précis pour être réalistes. Les
passes se font elles aussi avec une facilité
déconcertante, ce qui, ajouté à tout ce que
l'on vient de voir précédemment, donne
des
matchs parfois surréalistes et beaucoup de scores
fleuves. La case entraînement (entraînement
qui n'a d'ailleurs pas vraiment évolué) semble donc
ne plus être une étape obligatoire pour rentrer avec
les 3 points...
. Teamvision
Largement mis en avant pendant la promotion du jeu, le
Teamvision fait finalement plus office de gadget qu'autre
chose après avoir passé plusieurs heures
acharnées à chercher les failles de l'IA. Ainsi, l'IA
n'est donc pas aussi exceptionnelle que cela, et peut très
bien commettre plusieurs fois de suite la même erreur,
surtout lorsqu'il s'agit de couper les ballons arrivant des ailes
afin d'éviter les centres trop précis. Mais l'IA a
tout de même réussi à nous surprendre en bien
cette saison et ce, sur plusieurs points. Tout d'abord au niveau de
leur palette de mouvements et de passes, ce qui saute aux yeux lors
des premières parties est le jeu du Com, qui ne se contente
aujourd'hui plus de pratiquer un jeu basique et efficace, mais va
chercher des solutions bien plus complexes. Passes en profondeurs,
dribbles, temporisation, accélération soudaine du
jeu, crochets sur le gardien, lobs, balayage latéral afin de
trouver une ouverture, jeu à une touche de balle…
rarement une équipe gérée par la console
n'aura autant régalée ! Le plus beau reste quand
même lorsque cette dernière mène, puisqu'elle
utilisera alors toutes les ruses pour tuer le match : «
endormissement » de l'adversaire, longues et fatigantes
transversales, attentes près du poteau de corners, passes
entre défenseurs…
Autant vous dire qu'une
fois que vous y aurez goûter, vous éviterez
d'être mené par la console !
. L'ambiance sonore
Au rayon des déceptions, on peut ajouter les
commentaires qui, comme chaque année, ont le mérite
d'en énerver plus d'un. Ce qui peut amener à
nous demander pourquoi Konami, avec toutes les pubs qu'ils ont
glissés dans le jeu, n'a pas racheté un nouveau
tandem de commentateurs ?! Certes, Laurent Paganelli fait
aujourd'hui son come-back dans un jeu de foot, mais sa voix
à peine audible et son humour lassant à la longue est
loin de nous faire oublier qu'on entend pratiquement les
mêmes expressions chaque année !
Outre les commentaires, la musique risque aussi de diviser les
joueurs. En effet, la musique de fond ne risque pas de plaire
à tout le monde et très franchement, ne va pas
vraiment avec le design assez classe de l'ensemble, Konami ayant
choisi des couleurs sobres et de beaux effets pour soigner ses
menus (comme l'effet fondu du menu « pause »). Enfin,
l'ambiance sonore est toujours aussi limite, et toujours un cran en
dessous de l'éternel rival Fifa.
Au vu de ce que l'on pouvait attendre de ce nouveau PES et de ce
que Konami nous a pondu, nous sommes en droit de nous demander si
la série n'est pas en pleine régression.
Explications...
. La Ligue des Masters

La ligue des Masters est LE mode de jeu des PES par excellence,
que l'on pourrait comparer au mode Scénario d'un FPS, par
exemple. Malheureusement, ici non plus PES 08 est loin de
révolutionner le genre, même si une nouveauté
de taille a été ajoutée : la
deuxième division comporte maintenant enfin 20
équipes ! Autant vous dire que si vous commencez en
professionnel avec l'équipe originale, vous risquez d'y
passer plus d'une saison avant d'accéder à la Ligue 1
! Autre apport non négligeable, on peut désormais
composer les ligues dès le début du jeu, puisque
cette option n'est plus à débloquer via le PES Shop
(qui n'existe plus sous la même forme qu'avant, au passage,
les bonus étant désormais à débloquer
selon vos performances...). Comme nous parlions tout à
l'heure de l'équipe originale de la ligue des masters,
encore une fois, on est en terrain connu, puisque Minanda et toute
sa clique rempilent pour une saison ! Et comme chaque année,
quelques joueurs viennent compléter la liste, ou remplacer
les joueurs partis. A noter d'ailleurs que cette saison Konami a
mis du nouveau à chaque poste clé, que ce soit
Gutierrez, Van Der Berg, ou encore Baumann.
En revanche, côté présentation
générale Konami a clairement délaissé
le côté pratique au profit de l'aspect
esthétique du jeu. Ainsi, finis les scores des autres
rencontres du championnat qui défilent à la mi-temps,
puisque ceux-ci sont maintenant enfouis derrière plusieurs
sous-menu ! Et le constat est le même concernant la page
principale de la Ligue des Masters, présentant maintenant un
menu « vertical » très à la mode mais qui
débouche sur toute une série de sous-menus.
Malgré tout, cet aménagement des menus a un avantage,
c'est celui d'avoir fait de la place pour le résumé
qui est désormais accessible (à la fin de chaque
mi-temps) même après l'avoir fermé une
première fois.
Largement mis en avant pendant la présentation du jeu, les
interviews, photos de la semaine et autres petites
nouveautés font ici offices de gadgets, mais sont toujours
un plus pour accroître le réalisme et l'immersion.
L'accent semble donc avoir été mis sur ce qui se
passe autour du terrain.
Enfin, désormais, la cote de votre équipe et de
chaque joueur est notée par une jauge, et cette
popularité est surtout importante au niveau des transferts.
En effet, si vous voulez attirer de grands noms du ballon rond dans
votre équipe, mieux vaut avoir la jauge à fond, ce
qui peut éviter de vous ruiner pour un joueur ou bien tout
simplement éviter d'essuyer toute une série de refus.
Pour vos joueurs, vous l'aurez compris, plus ils auront une cote
élevée, plus leur transfert remplira votre caisse
!
. Les licences

Sujet qui fait mal quand on évoque un PES : les licences
! Après avoir donné une lueur d‘espoir la
saison dernière avec des licences comme la Ligue 1 Orange,
Konami semble en pleine régression puisque le studio
japonais vient, par exemple, de céder les licences
d'Arsenal et de Chelsea contre celles de Newcastle et
Tottenham… Autre déception de taille,
la Bundesliga est toujours totalement absente,
à l'exception du légendaire Bayern Munich. Et ce
n'est pas le mode modifier qui risque d'arranger les choses…
Encore une fois, Konami a fait le mauvais choix en troquant le mode
modifier classique contre un système de modifications par
webcam très peu pratique et assez difficile à mettre
en place. Le pire, c'est que Konami semble être borné
à imposer ce système puisque le développeur
nippon a même été jusqu'à retirer la
possibilité de créer son logo pixel par pixel,
obligeant ainsi à passer par la méthode du transfert
via webcam. Si on ajoute à cela la réduction des
possibilités pour créer sa propre tenue, et que
Konami a tout simplement enlevé la possibilité de
modifier les crampons, autant dire que ça sent les patchs
à plein nez… Pour conclure sur la base de
données, ajoutons que Konami a toujours un train de retard
au niveau des transferts, mis à part pour les gros
transferts (Henry est bien à Barcelone, Ronaldo au Milan
AC…).
. L'Online
En constante évolution, le mode Réseau de PES
08 est, à l'heure actuelle, pas loin de la
catastrophe ! A commencer par le lag qui
pourrit un match sur deux et ce, durant les deux mi-temps !
Ensuite, la politique réseau de Konami semble avoir
totalement changée, probablement suite aux nombreuses
insultes et autres cheateurs de PES 6. Fini, donc, les parties
certes parfois un peu houleuses, mais néanmoins conviviales
de PES 6, puisque désormais plus aucun chat public n'est
présent, et qu'on ne peut plus choisir de rencontrer nos
homologues étrangers (allemands, anglais, italiens, ou
encore espagnols) lors des matchs officiels.
15
L'IA et les
animations sont au top, même si le jeu est un peu trop rapide
dans l'ensemble, mais la qualité graphique à
proprement parler est légèrement en dessous de ce que
l'on peut attendre d'un titre PS3. La modélisation des
visages est irréprochable pour les stars, mais laisse
vraiment à désirer pour les autres.
Dommage..
12
C'est
là que le bât blesse... Les ralentissements
pourrissent les matchs Online, et se font parfois même
ressentir Offline. Une terrible déception, donc, mais qui
devrait être corrigé par un patch dans les semaines
à venir.
17
LE point fort
de chaque PES qui se respecte, le gameplay reste malgré tout
toujours au top ! On retrouve toujours les mêmes sensations
à sentir qu'on évolue à chaque match,
même si Konami a des tendances arcade, ces derniers
temps...
15
En
légère évolution par rapport aux
épisodes précédents, l'ambiance sonore de PES
08 reste un ton en dessous de celle de Fifa 08. Même si le
public entonne volontier de nombreux chants et n'hésite pas
à donner de la voix sur un but, les commentaires sont
toujours aussi mauvais !
10
L'une des
grosses déceptions de ce nouveau volet, à l'image du
reste du jeu : en pleine régression ! Alors que les fans
s'attendaient à de nombreuses nouveautés et
rêvaient de tournois Online organisés par Konami, ces
derniers n'ont rien trouvés de mieux que de nous livrer un
Online complètement bâclé, malgré son
nouveau design et ses quelques changements...
18
Toujours
très élevée, la durée de vie de ce
nouveau PES est néanmoins affaiblie par le Online
quasi-injouable et les penchants arcades du titre qui pourront
faire que ce dernier s'essouffle plus vite que prévu,
puisque la marge de progression en est ainsi réduite
!
16
Rarement un
PES n’aura autant divisé : un jeu qui tend vers
l’arcade, des matchs hachés par un arbitre un peu trop
présent (mais plus juste que dans les
précédents épisodes), des saccades
relevées chez beaucoup de joueurs, des graphismes loin
d’être révolutionnaires, un Online
perfectible… Sans pour autant bouder notre plaisir, disons
que PES est à l’heure d’aujourd’hui sur
une pente glissante, et Konami va devoir mettre la main à la
pâte pour rester sur le trône la saison prochaine
!
. Le
Online
. Des licences perdues !
. Les ralentissements
. Les commentaires
. Un peu trop rapide
. Le PES le plus arcade jamais sorti...
. Les
animations
. Le gameplay
. La durée de vie
. Le banc de touche est enfin rempli !
. Teamvision
. Toujours aussi énorme entre potes !
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