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LES BLEUS AUX COMMANDES  posté le dimanche 03 juin 2007 12:07

L'équipe de France a battu l'Ukraine, samedi au Stade de France (2-0), grâce à deux buts jumeaux de Ribéry et Anelka et une maîtrise collective qui a éteint les doutes sur sa forme du moment. Elle prend seule la tête du groupe B avec 15 points, devant l'Italie (13), l'Ecosse et l'Ukraine (12).

 

Plus de malédiction du mois de juin

C'était un piège tellement gros, repéré de tellement loin, que les Bleus l'ont contourné avec une marge de sécurité révélatrice : jamais ils n'ont confondu juin avec le début des vacances. Il a fallu des trésors de patience. Le sang-froid de Ribéry et Anelka sur les actions des deux buts, aussi. Mais l'essentiel a été fait : la France a battu l'Ukraine (2-0), dans le deuxième de ses matches au sommet du groupe B préliminaire à l'Euro 2008. Il n'y aura plus de malédiction du mois de juin, la défaite contre la Russie de 1999 (2-3) n'ayant trouvé aucun écho dans ces circonstances vaguement comparable d'une année post-Coupe du monde. Neuf mois après avoir défait l'Italie (3-1), avec ce même 4-2-3-1 bâti pour aller à Berlin voilà un an, la France occupe la tête du groupe B avec 2 points d'avance sur l'Italie, et 3 sur l'Ecosse et l'Ukraine (qui ont tous joué six matches). Vainqueur samedi aux Iles Féroe (2-1), la Nazionale championne du monde traîne comme un boulet son nul contre la Lituanie (1-1), lequel rappelle aux hommes de Domenech qu'il n'y aura pas davantage de droit à l'erreur mercredi à Auxerre contre la Géorgie.

Si Raymond Domenech avait des doutes sur les réserves de ses troupes, certains joueurs n'ayant plus disputé de match depuis le 13 mai (Gallas, Anelka), ceux-ci ont été levés. La France a su imposer son jeu de passes, sans se lasser, sans douter, sans se débarrasser des ballons, sans tirer la langue, alors que l'Ukraine, compacte comme les armées les plus disciplinées, avait conçu cette partie comme un mauvais moment à passer. Dans un match longtemps fermé, la remarquable lucidité des deux buteurs sur leurs gestes décisifs fut la belle illustration d'une certaine clarté d'esprit. Dribble malin sur le gardien Chovkovsky pour l'ouverture du score de Ribéry, lancé plein axe par Makelele (58e, 1-0) ; un but qui rappelle son égalisation contre l'Espagne en Coupe du monde (3-1), en plus près. Coup du sombrero d'Anelka devant Roussol, à la reprise d'une alerte comparable, signée Malouda (71e, 2-0). Il fallait passer sur les côtés : les solutions sont venues plein axe. Une équipe moins sûre d'elle-même, ou vraiment fatiguée, n'aurait pas négocié si bien un virage si serré. Car jusqu'aux 50e et 53e minutes, quand Anelka effleura le poteau et fit enfin s'allonger Chovkovsky, il n'y avait pas eu de véritable frisson. Pas même de carton jaune (Gallas, 78e et Tymoschuk, 85e, furent les seuls avertis).

 

Nasri ovationné

La première période avait offert le spectacle terriblement frustrant d'une équipe de France appliquée à la récupération, habile dans la circulation et les changements de rythme, mais condamnée à regarder le gardien ukrainien se tourner les pouces. La redoutable efficacité de l'Ukraine sur ses ballons de contres avait alarmé Coupet de façon plus préoccupante, avec ce jeu d'une redoutable simplicité qui rendait plausible l'hypothèse du crime parfait. La France n'eut que des proto-occasions, rendue impuissante par le bloc scientifique de l'adversaire. Cela dura une longue heure. Les 80 051 spectateurs (record du Stade de France battu) n'auront finalement pas perdu leur temps et contribué au spectacle en agitant autant de drapeaux tricolores dans une scène assez saisissante, et rare dans nos contrées. Ribéry ne leur offrit pas le 3-0 (89e), symbole éternel du match parfait sur la pelouse du 12 juillet. Pour Nasri, la grande attraction de la soirée, il s'est passé le meilleur scénario possible : une grosse prestation individuelle pour son baptême en compétition, l'ovation du public francilien, sans ce geste décisif qui aurait fait passer le Minot pour le sauveur de la patrie. Il a un avenir dans une équipe qui n'a rien fait pour insulter le sien.

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