L'officialisation de la venue de Guy Roux à Lens pour les deux prochaines saisons au poste d'entraîneur à la place de Francis Gillot, démissionnaire, s'est tenue mardi midi à la Gaillette, le centre d'entraînement du Racing. En présence du président Gervais Martel, l'ancien mentor de l'AJ Auxerre a reconnu que tout s'est très vite emballé autour de lui ces deux dernier jours et qu'il a choisi Lens, plutôt que Bordeaux et Monaco, en fonction de l'efficacité et l'organisation du club. Entretien.
«Guy Roux, quel retour au premier plan !
C'est bizarre, tout d'un coup, en début semaine dernière, il y a eu une espèce de tornade autour de moi. Des clubs m'ont appelé. Lens avait deux jours d'avance sur Bordeaux. Jean-Louis Triaud et Nicolas de Tavernost m'ont appelé avec beaucoup de chaleur. Lens et Bordeaux sont deux clubs très séduisants, à dimension humaine, très sérieux. Ce ne sont pas des clubs qui changent de président tous les ans et d'entraîneur tous les six mois.
Le terrain vous manquait ?
Le terrain en tant que tel ne me manquait pas car j'avais la possibilité d'aller dessus avec mes activités à Auxerre et dans les médias. Mais ces appels m'ont réveillé, comme une espèce de démon de midi. C'est comme quand un homme de cinquante ans rencontre une jeune fille de vingt-cinq ans. J'ai arrêté il y a deux ans car j'étais épuisé par trois grosses saisons. Néanmoins, je suis décidé à le refaire.
Quand avez-vous fait votre choix ?
J'ai donné ma réponse hier après-midi. Elle a été définitive ce matin. Avec Gervais Martel, nous avons résisté à tous les journalistes. Si j'avais donné l'information sur Europe 1, vous m'auriez accusé de donner l'information à un média qui me paie. Je ne voulais pas le faire. En tout cas, on a déjà travaillé une dizaine d'heures avec les collaborateurs du RC Lens. J'ai été impressionné par l'efficacité et l'organisation du RC Lens. J'aime ce club, notamment depuis mes 60 ans. Il y avait eu des banderoles dans tout le stade Bollaert et le club m'avait offert une lampe de mineur en bonne place sur ma cheminée. Cette soirée de mes 60 ans avec l'accueil du public a sûrement joué beaucoup dans mon choix.
Quelle est votre opinion sur le RC Lens ?
J'ai d'abord regardé les chiffres. Je n'arrive pas sur des ruines. J'arrive dans une bâtisse extrêmement solide avec une tradition centenaire. Je connais l'histoire du RC Lens depuis que je suis enfant. J'ai regardé le classement, qui est bon pratiquement chaque année. Il y a même eu une année excellente, qui s'était terminée à Auxerre (NDLR : 1998). Cette saison, le RC Lens a terminé cinquième, c'est une très belle place dans un championnat à vingt. Du côté de la Capitale, ils voudraient bien être cinquièmes.
De qui allez-vous vous entourer ?
Je rentre dans une famille très unie, chaleureuse. Je ne vais pas arriver avec un staff technique à plaquer dans le club. Je vais travailler avec une partie des gens d'ici (NDLR : Georges Tournay ? Marc Westerloppe ?). S'il faut apporter un complément, je demanderai au club de le faire (NDLR : le nom d'Alain Fiard est évoqué).
Mesurez-vous la portée de votre choix, en particulier par rapport à votre image ?
Vous avez raison, je prends un risque énorme pour mon image, qui était une image mono-club. Je ne pense pas que je vais l'abîmer en venant au RC Lens mais je peux l'abîmer en faisant une mauvaise saison. Chaque année, je disais : ''Jouons le maintien'', car c'est déjà ça la pérennité du club. Même Marseille et Paris se sont dit : ''Oulala, si on pouvait se maintenir !''. Pour le moment atteignons 43 points et faisons un final pour terminer à la meilleure place possible. Je refuse de dire je viens ici pour atteindre la Ligue des champions. Ce serait une mauvaise promesse et essayer de briller avant de jouer. En tout cas, il y a des clubs qui vendent plus de maillots que le RC Lens en France, suivez mon regard. Mais ils ne sont pas suivis d'un vrai amour...»
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