Faire du neuf avec du vieux, bon nombre d'éditeurs savent le faire mais dans le cas d'Eidos Interactive, on réalise le rêve des joueurs nostalgiques judicieusement. Et quoi de mieux que la licence Tomb Raider pour un petit trip revival à l'occasion du dixième anniversaire de la pulpeuse Lara Croft. Dix ans déjà que la belle explore le monde à la recherche d'artefacts anciens et mystérieux et si ses voyages n'ont pas toujours été un parcours de santé, ce retour aux sources est une véritable aubaine pour tout ceux qui n'ont pu découvrir le Scion des Atlantes en 1996.
Voilà plus de dix ans que Lara Croft fait le
bonheur d'Eidos
Interactive malgré quelques années plus sombres
jusqu'à toucher le fond avec
Tomb Raider : L'Ange des Ténèbres, erreur
monumentale qui a valu à Core
Design de pointer pendant deux ans au chômage avant de se
refaire les dents sur un titre moins porteur (ndlr : Smart Bomb).
Le passage du témoin à Crystal
Dynamics a été une cure de jouvence pour Miss
Seat avec Tomb
Raider Legend. Un retour aux sources plus que demandé
par les fans et qui va se concrétiser cette année
encore avec l'édition anniversaire du tout premier Tomb
Raider. Tomb
Raider Anniversary revient donc sur les premières
aventures de Lara, à l'époque où elle
n'était pas encore une icône du jeu vidéo mais
juste un amas de polygones triangulaires féminisé par
Toby Gard et qui jouait des coudes dans un univers très
machiste. Et c'était donc sur les traces du Scion des
Atlantes que les possesseurs de PSone s'émerveillaient des
prouesses techniques réalisées par Core
Design, de la profondeur de la 3D et de la silhouette
taillée à la serpette de son héroïne. En
2007, l'artefact recherché est toujours le même,
évidemment puisqu'il s'agit d'un remake fidèle
à la copie originale, la 3D a gagné en finesse, en
profondeur et tutti quanti, et Lara Croft a des formes beaucoup
plus aguicheuses grâce aux nombreux coups de bistouri
effectués tout au long des sept épisodes. Mais ce
n'est pas parce qu'une à deux générations de
console séparent Tomb Raider
de Tomb
Raider Anniversary que l'on va bouder notre plaisir sans
replonger avec nostalgie dans les cités Incas du
Pérou, les temples grecs ou les tombeaux
égyptiens.
La légende renaît
Il y a
nostalgie et nostalgie. Repenser avec émoi aux
premières sensations de jeu sur Tomb Raider
et rejouez au soft sur PSone ou toute autre plate-forme, c'est un
peu comme gagner au Loto et être ficher à la Banque de
France. Le choix est vite fait. Mais ce Tomb
Raider Anniversary ne tombe pas dans la facilité comme
certaines compilations ou autres réadaptations à
l'emporte-pièce. Les équipes de Crystal
Dynamics ont complètement repensé le jeu en lui
offrant le moteur graphique de Tomb
Raider Legend. Bien évidemment, c'est Lara
elle-même qui bénéficie des avantages de cette
évolution avec une silhouette digne des meilleures playmates.
Une physique bien roulé qui va de paire avec un visage
soigné, aux expressions crédibles, qui va même
jusqu'à briller lorsque l'aventurière sort de l'eau.
Ses fringues sècheront petit à petit avant de
retrouver leurs couleurs originelles, bleu turquoise pour le
débardeur et marronnasse pour le short. Une tenue devenue
culte au même titre que les premiers niveaux de Tomb Raider
que l'on retrouve quasiment intacts dans cette version. Il va sans
dire qu'ils ont gagné en détails depuis
l'avènement de la 3D et notre champ de vision a
été nettement amélioré malgré
certains choix artistiques, un peu à l'image du Tomb
Raider Legend, qui permettent de camoufler certaines effets
indésirables comme l'aliasing ou le clipping. Le
résultat donne un titre noyé dans un flou persistant
mais que l'on aime ou pas, force est de constater que l'ensemble
donne un petit côté mystérieux
et énigmatique aux pays que vous visiterez. Si certains
effets sont donc présents en temps que trompe-l'œil,
d'autres émerveillent notre pupille, que l'on soit les pieds
sur terre, au fond d'une lagune, en train de virevolter dans les
airs ou accrocher à une corniche. Mais parler de Tomb Raider
sans évoquer la raideur de son personnage serait (presque)
un affront à la série. Vous vous doutez bien qu'avec
les prouesses de la motion capture, jamais Lara Croft n'aura autant
bougé son joli popotin avec fluidité. Oubliez
l'héroïne qui se cogne inlassablement contre les murs,
les demi-tours problématiques et la caméra
hystérique, Tomb
Raider Anniversary gomme tous ces défauts avec une
réalisation et une prise en main impeccable bien qu'il y
subsiste toujours des angles de caméra inappropriés
lorsque les parois des grottes se resserrent, au détour d'un
corridor ou au fond d'un lac.
Traditionnellement moderne
Mais
en règle générale, on progresse facilement le
pad en main qu'il s'agisse d'explorer les vestiges d'une ancienne
civilisation ou lorsqu'il faut trouer la peau d'animaux
féroces. Loups, ours, gorilles, pumas et même des
dinosaures, le dépaysement est garanti mais on constate,
à la différence des adversaires humains, que ce genre
d'adversaires n'offre que peu de challenge. Impossible pour eux de
crapahuter à votre hauteur, et vous, une fois perché,
vous pouvez les arroser tranquillement. Pour palier à ce
défaut, les développeurs ont rajouté une jauge
de rage qui s'active lorsque vous videz votre chargeur sur une
pauvre bête. Cette dernière se met à charger
sur vous dans un ultime sursaut d'énergie et il ne vous
reste que quelques secondes afin d'éviter le choc et, dans
un effet à la Max Payne,
d'aligner les deux réticules de visée avant de faire
mouche. Une idée intéressante mais qui ne se
renouvelle pas suffisamment au gré du bestiaire. Ça,
c'est pour les petits avortons que vous croiserez sur votre route.
Lorsqu'il s'agit de créatures plus coriaces, le gameplay se
scinde en deux parties. La première accompagne une
cinématique et à la manière de Shenmue,
Fahrenheit
et consort, vous devrez tapoter certains boutons au bon moment pour
éviter de finir en pâtée pour chiens. Des Quick
Time Events qui ne révolutionnent pas le genre mais qui
pimentent les quelques cut-scènes du jeu. Mais en
règle générale, Tomb
Raider Anniversary ne propose pas une difficulté
à s'arracher les cheveux. L'ensemble paraît beaucoup
trop facile et bien que l'on passe une à une heure et demi
pour terminer un niveau en y découvrant les tenants et
aboutissants de ses mécanismes, le jeu d'Eidos
Interactive possède une bonne durée de vie
surtout si vous voulez découvrir tous les secrets de chaque
région, déverrouiller les niveaux en contre la montre
ou découvrir les bonus du jeu.
Note:15,5/20



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