Si la course a été avant tout marquée par la sortie de route terrible de Robert Kubica, le Grand Prix du Canada sonne également l'avènement d'un champion d'exception en devenir, Lewis Hamilton. Faisant fi des événements extérieurs, notamment de l'irruption à quatre reprises de la voiture de sécurité, l'Anglais a signé sur le circuit Gilles-Villeneuve, une autre légende de la discipline, la première victoire de sa jeune carrière. A 22 ans, le protégé de Ron Dennis n'en finit plus d'impressionner et de gravir les échelons du haut niveau en accéléré.
Il a tout pour plaire. Alors qu'il devrait légitimement
être envahi par l'émotion, n'être absorbé
que par sa victoire ou se tourner vers ses proches, Lewis Hamilton,
quelques minutes seulement après être descendu du
podium du Grand Prix du Canada, a une pensée pour Robert
Kubica, victime en course d'une spectaculaire sortie de route.
"J'ai entendu que Robert s'en est sorti. C'est un bon ami, je
lui souhaite de tout coeur un prompt rétablissement, je
pense à sa famille", confie-t-il sobrement en
conférence de presse. La classe. Celle d'un champion
d'exception qu'il est en train de devenir à 22 ans seulement
et après six petites courses en Formule 1.
Sir Jackie Stewart avait vu juste. Le Britannique affirmait il y a
peu que le protégé de Ron Dennis serait bientôt
la nouvelle référence de la discipline. Le pilote
anglais est en train de confirmer les dires de son
aîné en se positionnant comme le meilleur rookie de la
F1, loin devant les Giancarlo Baghetti ou autre Jacques Villeneuve.
Pour sa première saison dans la catégorie reine de
l'automobile, Hamilton n'a pas jamais quitté le podium en
six courses, signant même au Canada la première
victoire de sa jeune carrière, comme Gilles Villeneuve
(1978) ou Jean Alesi (1995) avaient pu le faire avant lui.
"Cela a été une journée fantastique,
s'est-il exclamé en conférence de presse. Ici, au
Canada, pour la première fois... C'était
déjà une super saison pour moi, avec six podiums...
J'étais prêt pour gagner, il fallait juste savoir
où et quand. Mais l'équipe m'a vraiment donné
la meilleure voiture. Les safety car (quatre au total, ndlr)
ont rendu la course un peu ennuyeuse, d'un certain point de
vue. Je m'en suis sorti. Nous avons été souvent
derrière la voiture de sécurité et il fallait
rester concentré. L'équipe a fait un travail
magnifique et elle m'a fait rentrer avant la première safety
car: j'étais donc tranquille. J'ai eu beaucoup de chance. Il
fallait que j'attaque et c'était facile de faire une faute
car il y avait beaucoup de gomme à l'extérieur de la
trajectoire."
Dédiée au père
Une légende est en marche...Car l'intéressé
n'en finit plus d'impressionner et de faire tomber une à une
les barrières de l'apprentissage du haut niveau.
Après être devenu le premier pilote à signer
trois podiums consécutifs pour ses trois premières
courses, un total désormais porté à six
unités, après être devenu le plus jeune pilote
à s'emparer de la tête du championnat du monde, rayant
des tablettes Bruce McLaren le créateur de l'écurie
pour laquelle il a toujours rêvé de piloter depuis les
exploits d'Ayrton Senna, le Britannique s'impose aujourd'hui comme
un candidat sérieux au titre de champion du monde. Au tiers
de la saison, il compte déjà huit points d'avance sur
son coéquipier, Fernando Alonso, 15 sur Felipe Massa et...
21 sur Kimi Räikkönen. Rien de moins...
Seul l'avenir nous dira si Hamilton peut aller au bout de son
ambition. Ce dernier se contenterait bien du présent et de
cette première victoire qu'il a tenu à dédier
à son père. Un paternel qui a toujours soutenu
l'ambition du rejeton et qui était aux premières
loges pour assister à son exploit. L'exploit d'un
«petit noir» qui voulait jadis piloter sur les traces
d'Ayrton Senna, le magicien brésilien. Un rêve devenu
depuis dimanche réalité.

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