Felipe Massa : «J'ai perdu la course à cause du trafic»
Il est difficile de faire la fine bouche alors que la saison va basculer dans sa seconde moitié cette semaine avec le court déplacement de Magny-cours à Silverstone. L'aspiration n'est plus réservée aux monoplaces en bout de ligne droite : elle est devenue un phénomène récurrent où la suprématie provisoire d'une écurie fournit l'élan nécessaire à son principal adversaire pour faire encore mieux. Alors que McLaren-Mercedes, porté par la maestria de Lewis Hamilton, avait répondu à deux victoires consécutives de Felipe Massa en cumulant trois succès en trois courses, dont deux doublés, Ferrari a de nouveau retourné la situation - et de manière ultra spectaculaire - pour le grand retour en Europe. «Il y a des courses où on doit se battre pour les points. On savait qu'on terminerait troisième, ce n'est donc pas si mal», concède Ron Dennis, un constat d'impuissance innattendu.
Derrière, Lewis Hamilton ne pouvait pas lutter pour la victoire avec une stratégie à trois arrêts, contre deux pour toutes les autres voitures classées dans les points. «Ça devait nous garantir la troisième place, voire mieux en attendant la pluie ou le safety-car», assure Ron Dennis, manière de dire qu'à la régulière, il était «quasiment impossible de viser la première ou la deuxième place.» Là où Hamilton sauve les meubles, mais aussi 17 points d'avance sur Massa et 22 sur Räikkönen à neuf courses de la fin, Alonso, lui, perd gros. Parti de la dixième place en raison d'un problème mécanique en qualifications, le champion du monde en titre a été batailleur, généreux dans ses multiples tentatives de dépassement. Tout ça pour finir septième au grè d'une stratégie mal maîtrisée, ce qui ne risque pas d'améliorer ses relations avec son écurie. «On pensait qu'Alonso finirait cinquième», révèle Ron Dennis. A l'aube du chassé-croisé entre McLaren et Ferrari, peut-on malgré tout dire que la Scuderia va dominer le reste de la saison ? «Je pense que McLaren est encore un peu devant nous», plaide Felipe Massa. Mais «ça va nous rendre la vie plus facile après tant de déception», corrige Kimi räikkönen. «Nous serons extrêmement compétitifs en Grande-Bretagne, veut croire Lewis Hamilton. Je suis très confiant. Il nous faut juste de la fiabilité, or nous l'avons. J'attends cette course avec optimisme, surtout avec le soutien du public.» Il est peu probable qu'Alonso partage sa bonne humeur.
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