
Victime lors de la séance de qualification d'une manoeuvre de son coéquipier, jugée intentionnelle par les commissaires, Lewis Hamilton a profité de la rétrogradation de Fernando Alonso sur la grille de départ pour s'envoler en tête du Grand Prix de Hongrie et passer sous le drapeau à damiers en vainqueur devant Kimi Räikkönen et Nick Heidfeld. L'Anglais se donne de l'air au classement sur l'Espagnol, quatrième sur la ligne. Chez les constructeurs, Ferrari reprend huit points à McLaren, privée des points glanés par ses pilotes.

Car les 15 points inscrits par les deux pilotes McLaren (10 pour Hamilton, 5 pour Alonso) ne compteront pas au championnat constructeurs. A moins, bien sûr, que la procédure d'appel de l'équipe anglo-allemande n'aboutisse. Visiblement nerveux pendant la course, le flegmatique Ron Dennis a donc mal digéré les incidents du week-end et la rivalité exacerbée entre ses pilotes. Une pression qui ne semble pas trop affecter Lewis Hamilton. La sanction infligée à son coéquipier (recul de cinq places sur la grille) lui a ouvert un boulevard dont il a su profiter.
Räikkönen cherche la faille
La course hongroise n'a tout de même pas été une promenade de santé pour le jeune Anglais. Sur le tracé poussiéreux du Hungaroring, être du côté propre de la piste (sur la trajectoire nettoyée par les passages successifs) est important. A l'extinction des feux, Hamilton a donc bien profité de sa pole pour virer en tête. Troisième sur la grille, Kimi Räikkönen n'a eu aucun mal à prendre l'avantage sur Nick Heidfeld (qui était en première ligne, mais du côté sale) pour se loger sous l'aileron du leader du championnat.
Dès lors, les deux hommes se sont battus à coups de dixièmes. Hamilton a commencé par creuser un écart qui a culminé à un peu plus de 4''5. Räikkönen a profité des premiers arrêts aux stands pour refaire son retard. Lors de la deuxième vague de ravitaillements, Hamilton est rentré au 50e tour, quatre boucles après « Iceman ». C'était assez pour conserver la première place, mais pas pour empêcher le Finlandais de recoller à ses basques. A douze tours du drapeau à damiers, la Ferrari n'avait plus que 5/10e de retard sur la McLaren. Hamilton a résisté jusqu'au bout, sans commettre d'erreur, et s'est imposé. Curieusement, Räikkönen a signé le meilleur tour en course (1'20''047) dans la 70e et dernière boucle.
Derrière les deux leaders, Nick Heidfeld obtient son 2e podium de la saison (après sa 2e place au Canada). Bien qu'ayant ravitaillé trois fois, il devance Fernando Alonso qui, lui, n'est passé que deux fois à la pompe. En se classant 4e, le double champion du monde limite les dégâts. Il aurait voulu monter sur le podium. Mais tout comme Räikkönen derrière Hamilton, il n'a pas réussi à trouver l'ouverture face à Heidfeld.
Massa complètement noyé
Avec la 5e place de Kubica, BMW marque de nouveaux points. Avec 71 unités à leur compteur, les hommes de Mario Theissen sont très loin devant Renault. Grâce à un Heikki Kovalainen méritant et à une bonne stratégie, l'écurie franco-anglaise arrache un petit point. Pénalisé de cinq places sur la grille (pour avoir gêné Yamamoto en qualifications), Giancarlo Fisichella ne peut faire mieux que 12e. En fin de course, il a tenu tête à Felipe Massa. Bloqué derrière Takuma Sato pendant tout son premier relais, le Brésilien n'a jamais été en mesure de jouer les points.
Grâce à sa victoire hongroise, Hamilton réalise un beau coup au championnat. Son équipier Alonso est encore à sept longueurs. Mais les deux pilotes Ferrari sont loin: Räikkönen compte 20 points de retard, Massa 21. Au classement des constructeurs, la Scuderia est revenue à 19 points de McLaren-Mercedes. Sauf si, bien sûr, cette dernière gagne en appel et récupère les 15 unités inscrites sur le Hungaroring. Dans tous les cas, la fin de saison promet d'être explosive, surtout quand on mesure la tension qui s'est installée dans l'équipe de Ron Dennis. On en salive d'avance pour le Grand Prix de Turquie, dans trois semaines.



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