
Jeudi soir, la FIA annonçait une amende record pour McLaren, dans l'affaire d'espionnage qui l'oppose à Ferrari. Dans la foulée, la rumeur courait que l'écurie anglo-allemande envisageait d'attaquer la FIA devant un tribunal civil pour obtenir réparation. Mais ce samedi, en marge des essais du Grand Prix de Belgique, le patron de l'écurie Ron Dennis a affirmé qu'il n'était pas favorable à un éventuel appel, préférant accepter la sanction. Par ailleurs, il exclut tout problème avec ses pilotes.
«Ron Dennis, allez-vous interjeter appel ?
Entrer dans un processus d'appel, cela veut dire aller en Cour d'appel internationale, puis devant une cour civile et cela durera donc au bas mot un an ou deux. Je ne pense pas qu'une équipe de Formule 1 doive perdre autant d'énergie avec ça. Nous, en tant qu'équipe, nous reconnaissons les faits reprochés dans le communiqué de la FIA. Nous verrons ce qu'en pense le Conseil d'administration, mais moi, je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Nous devons utiliser les sept jours impartis pour tout bien étudier. Mais la décision de faire appel ou pas ne sera pas une décision personnelle de Ron Dennis, ce sera la décision du CA.
A quel point la lourde amende
grèvera-t-elle votre budget ?
Nous trouverons l'argent sur d'autres revenus. Nous payerons cette amende (dans le délai de trois mois), mais nous ne toucherons pas au budget course pour cela. Nous sommes là pour gagner, nous avons voté un budget en début de saison et cette amende ne changera rien à ce que nous avions prévu d'investir pour gagner.
Quel est l'avenir d'Alonso chez McLaren ?
Nous avons un contrat avec nos deux pilotes et aucune négociation n'est en cours.
Que s'est-il passé entre Alonso et vous ce 5 août en Hongrie (Alonso a refusé de répondre à cette question, ndlr)?
La veille, je suis resté au circuit jusqu'à minuit passé car il avait fallu attendre la décision des commissaires (sur la gêne occasionnée par Alonso lors des qualifications à l'encontre de son coéquipier Lewis Hamilton, ndlr). Rétrogradation de Fernando, interdiction de marquer les points constructeurs sur cette course: j'étais très déçu et je l'ai dit à Fernando. Le lendemain, il est arrivé au circuit très énervé à cause de cette histoire. Durant notre conversation, il m'a dit qu'il avait des informations sur son ordinateur en provenance d'un ingénieur Ferrari. Ca ne m'a pas plu et je lui ai dit de prévenir la FIA. Je l'ai fait moi-même une heure plus tard. Après la course, Fernando est venu me voir, m'a serré la main, a retiré les paroles violentes qu'il avait eues le matin et j'ai oublié l'histoire... jusqu'à la lettre de la FIA (évoquant de nouveaux éléments -sous forme de courriels entre pilotes McLaren- dans l'enquête sur l'espionnage de Ferrari et rendue publique la semaine dernière, ndlr).
Menacer son patron vaudrait dans une entreprise un licenciement ou une sanction. Pourquoi semblez-vous avoir décidé de passer l'éponge avec Alonso ?
C'est vous qui interprétez mes propos en qualifiant les paroles d'Alonso de menaces. Ce qui a été dit était interne à la famille. C'est à mes collègues et à moi de décider comment diriger mon équipe.
Votre pilote de réserve Pedro de la Rosa est l'individu qui a fourni à Alonso les informations confidentielles sur Ferrari. Que lui avez-vous dit ?
Nous avons parlé. Mais la vraie question est «quelle était la motivation ?». Je ne dis pas que ce qui s'est passé est bien, mais il y a tellement de mouvements entre les écuries de F1... Quand vous avez travaillé avec des ingénieurs durant cinq ans, vous pensez que vous arrêtez de vous téléphoner ? C'est la F1, c'est comme ça. Il n'y avait pas d'intention de nuire à l'écurie.
Pourquoi Hamilton était à Paris devant le Conseil mondial jeudi et pas Alonso ?
Chaque pilote avait des choses à faire. Je leur avais donné le choix, et même si nous aurions aimé que tout le monde soit là, je n'ai forcé personne à venir.»

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